18/02/2017

La Gazette de la Biennale:

La Biennale de Venise, grand-messe de l’art contemporain se déroulera du 13 mai au 26 novembre 2017. Cette 57e édition, chapeautée par Christine Macel, mélange les médiums, les stars comme les plasticiens méconnus, et promet de rapprocher les visiteurs des artistes.
 

« Viva Arte Viva », répète à l’envie Christine Macel, conservateur en chef au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou, et commissaire générale de cette 57e édition. Ces trois mots, qui résonnent selon elle « comme une chanson, comme un mantra, comme une déclaration d'amour » donne le la de l’événement vénitien. « Viva Arte Viva sera une biennale avec les artistes, par les artistes, pour les artistes », précise-t-elle. Un slogan qui évoque néanmoins celui choisi en 2013 par Jean-Marc Bustamante (aujourd’hui directeur des Beaux Arts de Paris) pour le festival international d’art de Toulouse, « Artists first ». Sous l’ère Macel, la Biennale de Venise ne se résumera pas à une succession d’œuvres, mais permettra de mieux appréhender l’univers des plasticiens comme « Open Table » (rendez-vous autour d’un déjeuner avec un artiste) ou « Je déballe ma bibliothèque » (leurs livres préférés consultables au pavillon Stirling dans les Giardini).

Un parcours rythmé par neuf « Trans-pavillons », comme autant de chapitres d’un livre

Une série de neuf « Trans-pavillons » rythment le parcours ; chacun d’entre eux forme le chapitre d’un même ouvrage. Ainsi, l'histoire débute avec Le Pavillon des artistes et des livres et se termine avec Le Pavillon du temps et de l'infini, une « réflexion sur l'impermanence et la répétition ». Entre-temps, se seront succédés Le Pavillon des joies et des peurs, Le Pavillon du Commun, Le Pavillon de la Terre, Le Pavillon des traditions, Le Pavillon des Shamans avec le Brésilien Ernesto Neto, dont l’installation monumentale Flower Crystal Power, aux tentacules de résille lestées d’épices, de fleurs et de pierres thérapeutiques, embaumera tout l’été le forum du Centre-Pompidou Metz. Suivent Le Pavillon dionysiaque et Le Pavillon des Couleurs qu’occupera l'Écossaise Karla Black.

Des découvertes et des redécouvertes

Parmi les 120 artistes de la Biennale, 103 y participent pour la première fois. La plus âgée d’entre eux, Anna Halprin, danseuse et chorégraphe américaine y fêtera ses 97 ans. Soixante-douze ans la sépare de la benjamine, Katerine Nunez, née aux Philippines en 1992. Halprin comme Nunez représentent deux des 42 femmes invitées par Christine Macel pour cette édition, dont plus du tiers des sélectionnés sont originaires de l’Amérique Latine, du Moyen-Orient, de l’Europe de l’Est et de la Russie. Si les stars ne manquent pas à l’appel – Kader Attia, Erwin Wurm, Philippe Parreno ou Kiki Smith –, la commissaire a brillamment mixé découvertes et redécouvertes. Ainsi, cette Biennale offre un bel éclairage sur l’œuvre de Maria Lai (1919-2013) ou de Giorgio Griffa, peintre abstrait récemment exposé à la Fondation Van Gogh à Arles, du Nouveau Réaliste Raymond Hains (1926-2005) ou de Sheila Hicks, qui bénéficie aussi d’une carte blanche au domaine de Chaumont-sur-Loire.

maxresdefault.jpg

Kiki Smith en un CLIC

 

L'œuvre d'art comme un acte d'opposition, d'émancipation et de générosité

Au programme de la Biennale vient se greffer celui offert par 84 pavillons nationaux, dont la difficile localisation permet de réviser sa géographie – et son histoire ! Ainsi, Kiribati, archipel de l'océan Pacifique, présente au Palazzo Bembo une exposition d'art insubmersible, tandis qu’Antigua-et-Barbuda, un pays des Antilles (à une cinquantaine de kilomètres de la Guadeloupe) réhabilite l’écrivain Frank Walter (1926–2009), premier homme de couleur devenu propriétaire d’une plantation de cannes à sucre.

imagesN48I1QE2.jpg

Palazzo Bembo

 

D’autres initiatives se greffent à cette fête de l’art contemporain. La plus loufoque revient à l'Islande qui a bâti son intervention autour de deux trolls cannibales de 36 mètres de hauteur, et la plus politique à Olafur Eliasson dont le projet « Green Light » vient en aide aux migrants à travers la production de lampes composés de matériaux recyclés. Elles illustrent à merveille la direction donnée par le président de la biennale,

images76T87FH0.jpg

Palazzo Bembo

Paolo Baratta :  « Montrer l'œuvre d'art comme un acte d'opposition, d'émancipation et de générosité ».

imagesB5L9O3G1.jpg

Palazzo Bembo à deux pas du Rialto

01/02/2017

et encore d'autres artistes!

D’autres artistes annoncés

pour la Biennale de Venise 2017

Une nouvelle vague d’artistes pour la Biennale de Venise 2017

Affiche de l'exposition consacrée à Cody Choi

Suite aux premiers noms annoncés (voir notre dossier précédent), plusieurs artistes sont pressentis pour d’autres pavillons nationaux. De Dirk Braeckman à Cody Choi.

 

Sven Gatz, le ministre flamand de la Culture, a annoncé la participation du photographe Dirk Braekman

F_E_L_S_281-2_29_2011_3-_1_.jpg

Dirk Braekman

pour représenter la Belgique à la 57e Biennale de Venise. Son exposition, montée avec Eva Wittocx, sera reprise ensuite à Bozar à Bruxelles et au M Museum de Louvain en 2018.

Pour Hong Kong, c’est l’artiste Samson Young, travaillant sur le son et la musique, qui sera dans le pavillon dont le commissariat a été confié à Ying Kwok.

03.png

Samson Young

Pour la Corée, Cody Choi (visible au Mac de Marseille jusqu’au 29 août) et Lee Wan ont été sélectionnés pour le pavillon coréen. Enfin, pour le Liban, l’artiste et compositeur Zad Moultaka propose une grande installation intitulée Sacrum avec l’aide du commissaire Emmanuel Dayde.

04.png

Zad Moultaka

D’autres artistes annoncés pour la Biennale de Venise 2017
Vidéo de l'artiste Jordi Colomer qui représentera l’Espagne à la Biennale de Venise
(©Jordi Colomer).

Le Pays de Galles:

james-richards.jpg

a annoncé que James Richards participerait à la manifestation vénitienne. Manuel Ocampo représentera les Philippines dans une exposition montée par Joselina Cruz, directrice du Museum of Contemporary Art and Design de Manille.

 

02.png

Sharon Lockhart

qui travaille sur l’adolescence et la fin de l’enfance, aura la tache de défendre la Pologne. L’Espagne sera représentée par Jordi Colomer. Quant aux États arabes unis, ils ont choisi de monter une exposition thématique sur le jeu dans l’art contemporain, confiée à Hammad Nasar, actuellement à la tête de l’Asian Art Archive de Hong Kong.